17/08/2026

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Théologiennes à Nemi : Discerner ensemble, témoigner ensemble

Théologiennes à Nemi Discerner ensemble, témoigner ensemble

 

Du 31 mai au 7 juin 2026, Nemi a accueilli le Symposium des théologiennes religieuses de l’UISG, une rencontre qui a réuni 23 théologiennes de 11 pays et de quatre continents.
Chaque semaine, nous souhaitons partager quelques-unes des expériences, réflexions et voix des participantes.
Cette série s’ouvre avec le témoignage de Sr Sabine Schratz OP, qui nous fait découvrir son expérience vécue à Nemi.

 

 

Il n’y a peut-être pas de meilleur moment de l’année pour visiter Nemi, dans les monts Albains au sud de Rome, que le mois de juin, lorsque les fraises sont de saison. Et rares sont les occasions plus belles que celle de réunir 23 théologiennes religieuses venues de 11 pays et de quatre continents, représentant tous les domaines de la théologie. La rencontre de la troisième génération du Réseau des Théologiennes Religieuses de l’UISG s’est déroulée du 31 mai au 7 juin 2026.

 

L’un des secrets de la réussite du symposium a été sa préparation minutieuse et collaborative, qui a notamment comporté des rencontres sur Zoom afin d’identifier les thèmes à approfondir. Les trois sujets retenus comme particulièrement pertinents pour l’Église en général et pour la vie religieuse en particulier étaient : la synodalité, l’IA et la numérisation, ainsi que l’autorité, l’obéissance et les abus.

 

Ces thèmes ont été abordés au cours de trois journées consacrées à chacun d’eux, avec une excellente sélection d’intervenantes et d’intervenants issus du monde académique et de la vie religieuse, qui ont apporté leur contribution. Le jour de l’ouverture, nous avons eu l’occasion d’échanger avec la présidente de l’UISG, Oonah O’Shea NDS, ainsi qu’avec les deux supérieures générales Miriam Altenhofen SSpS et Monica Mary Ncube CPS. Le professeur Giovanni Tridente, de l’Université pontificale de la Sainte-Croix, nous a ensuite introduites aux possibilités techniques et aux défis éthiques de l’intelligence artificielle. Sœur Maria Rosaura González STJ a parlé des multiples dimensions et formes des abus, un sujet approfondi ensuite à travers l’analyse de plusieurs cas. Trois supérieures générales – Angela Kapitingana MSOLA, Nirmala Nazareth AC et Laurence Loubières XMCJ – ont partagé comment le concept de synodalité avait transformé le style de leadership et les processus de prise de décision dans leurs communautés.

 

Après les présentations, un temps a été consacré à la réflexion personnelle et au travail en groupe. Nous avons été invitées à considérer ce que nous avions entendu à la lumière de notre propre discipline théologique et de nos expériences de vie, et à réfléchir à la manière dont la théologie pouvait offrir de nouvelles clés de lecture et un soutien supplémentaire. Une expérience particulièrement significative pour moi a été de pratiquer la « Conversation dans l’Esprit », une méthode qui, tout en étant orientée vers la recherche de solutions, empêche d’arriver trop rapidement à des réponses immédiates. Nous pourrions la résumer par une expression inspirée de la Magnifica Humanitas du pape Léon : « la lenteur de la sagesse et la sagesse de la lenteur ».

 

Un moment particulièrement marquant a été notre visite à Castel Gandolfo, où nous avons rencontré le nouveau directeur de l’Observatoire du Vatican, le père Richard D’Souza SJ. Il nous a fait visiter les observatoires et nous a donné des informations fascinantes sur l’histoire de la recherche astronomique pontificale, notamment sur la contribution méticuleuse des « sœurs cachées », ainsi que sur son propre travail d’astronome. Tout cela a une fois de plus démontré combien est infondé le préjugé selon lequel l’Église, la foi et la science seraient incompatibles. La journée s’est terminée par un merveilleux dîner dans un restaurant offrant une vue spectaculaire sur le lac Albano.

 

Au cours de deux matinées, les participantes ont présenté leurs domaines de compétence et leurs travaux de recherche, jetant ainsi les bases de futures collaborations au sein du réseau. Cela a suscité des réflexions sur les engagements futurs possibles, tant au niveau continental que dans des domaines d’étude spécifiques, dont l’Église, la vie religieuse et la pratique pastorale pourraient bénéficier.

 

Lors de la dernière journée, nous avons eu la joie d’accueillir la Secrétaire Exécutive de l’UISG, Roxanne Schares SSND. Elle nous a adressé de belles paroles d’encouragement et nous a remis nos certificats.

 

Je garderai de nombreuses impressions de ce symposium : les rencontres avec des sœurs venues du monde entier, une compréhension plus profonde de leurs différents contextes culturels et sociaux, des liturgies riches en couleurs et en profondeur, une atmosphère joyeuse et une fraternité simple et spontanée, ainsi qu’un échange intense et confiant qui, malgré nos différences, a fait émerger de nombreuses expériences et sensibilités communes. Mais surtout, je repars avec une profonde conscience de la responsabilité qui nous est confiée en tant que théologiennes religieuses grâce à notre formation privilégiée. Nous avons l’autorité et la capacité de contribuer au changement dans notre Église, dans nos congrégations et dans les communautés que nous servons. Cela est particulièrement vrai lorsque nous nous tenons ensemble et travaillons ensemble.

 

Ce témoignage ne serait pas complet sans remercier l’UISG d’avoir rendu ce symposium possible, avec le soutien de la Conrad Hilton Foundation ; le Centro Ad Gentes pour son accueil chaleureux et, surtout, les quatre merveilleuses organisatrices : les Sœurs Maria Cimperman RSCJ, Shalini Mulackal PBVM, Mary John Kudiyiruppil SSpS et Paula Noronha Jordão FMVD. Toute personne ayant déjà organisé un événement avec des religieuses saura apprécier ce que ces quatre sœurs ont assumé, avec une patience d’anges. Aucun problème n’était trop grand, aucune difficulté technique trop complexe et aucune demande particulière n’est restée sans réponse. Un grand merci à toutes !

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