20/07/2026
News
Des religieuses se réunissent en Zambie pour créer un réseau africain pour les migrants et les réfugiés
Des religieuses se réunissent en Zambie pour créer un réseau africain pour les migrants et les réfugiés
Dix-neuf religieuses venues d'Afrique et d'autres régions du monde se sont réunies au Centre de retraite Kasisi, à Lusaka, du 13 au 17 juillet 2026 afin de renforcer la réponse de l'Église aux défis de la migration, des déplacements forcés et de la protection des personnes réfugiées.
Organisé par le Réseau international des migrants et des réfugiés de l'Union Internationale des Supérieures Générales (UISG), ce séminaire de formation de cinq jours a rassemblé des sœurs engagées dans le ministère auprès des migrants en provenance du Kenya, du Zimbabwe, du Nigeria, du Mozambique, du Ghana, du Rwanda, du Malawi, de la Tanzanie, de l'Ouganda, de la Zambie, du Soudan du Sud, de l'Eswatini, du Pérou, du Brésil, du Liban et de l'Espagne.
Les organisatrices espèrent que cette rencontre aboutira à la création du Réseau africain de l'UISG pour les migrants et les réfugiés, une plateforme continentale qui reliera les religieuses engagées dans le ministère auprès des migrants à travers toute l'Afrique. Les participantes seront encouragées à mettre en place des réseaux nationaux permettant aux sœurs de partager leurs expériences, de coordonner leurs actions de plaidoyer et de collaborer avec les organisations humanitaires et ecclésiales.
Cette rencontre se déroule dans un contexte où les conflits, les violences, les persécutions et les crises climatiques continuent de déraciner des communautés à travers le continent africain. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), à la fin de l'année 2025, 68,7 millions de personnes étaient déplacées à l'intérieur de leur propre pays en raison de conflits ou de violences. La République démocratique du Congo, le Soudan et le Soudan du Sud figurent toujours parmi les pays les plus durement touchés par les crises de déplacement.
Le séminaire vise à doter les religieuses et d'autres responsables pastoraux des outils nécessaires pour exercer un leadership éclairé, éthique et coordonné à travers le plaidoyer, l'action humanitaire et un accompagnement intégral, le tout enraciné dans la Doctrine sociale de l'Église.
Les participantes ont réfléchi aux différentes réalités vécues par les migrants, les réfugiés, les demandeurs d'asile et les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays. Alors que les réfugiés ont franchi une frontière internationale pour chercher une protection, les personnes déplacées internes ont été contraintes de fuir leur foyer tout en restant à l'intérieur des frontières de leur pays. Le terme migrant est plus large et englobe les personnes qui se déplacent pour des raisons diverses et dans des contextes juridiques différents.
Tout au long de la semaine, les sessions abordent des thèmes tels que la coordination et la redevabilité des organisations humanitaires, les cadres juridiques régissant les migrations et la protection des réfugiés, le plaidoyer, la santé mentale et le soutien psychosocial, ainsi que les fondements théologiques de la migration dans la Sainte Écriture et la Doctrine sociale de l'Église. Les participantes analysent également les tendances migratoires dans leurs régions respectives et partagent leurs expériences pastorales.
Sœur Carmen Elisa Bandeo, SSpS, coordinatrice du Réseau international des migrants et des réfugiés de l'UISG, a expliqué que cette initiative est née de la conviction que les religieuses peuvent avoir un impact beaucoup plus grand lorsqu'elles travaillent ensemble.
En utilisant l'image du bambou, Sœur Bandeo a expliqué qu'une seule tige peut facilement se briser, tandis que plusieurs tiges liées entre elles deviennent solides et résistantes. Selon elle, cette image exprime parfaitement la vision du futur réseau africain.
« Lorsque nous sommes unies, nous sommes fortes et nous pouvons avoir un véritable impact. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons être le changement que nous voulons voir dans le monde. »
Selon Sœur Bandeo, ce réseau permettra aux religieuses de partager leurs expériences pastorales, de coordonner des initiatives de plaidoyer et de collaborer avec des organisations humanitaires et ecclésiales afin de promouvoir la dignité et les droits des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées à l'intérieur de leur pays.
Les dix-neuf participantes retourneront dans leurs pays respectifs avec l'engagement de développer des structures nationales qui contribueront à une réponse continentale coordonnée.
Ces réseaux chercheront également à renforcer la collaboration avec les organisations déjà engagées dans la défense des droits des migrants, l'assistance humanitaire et la protection des réfugiés.
« Une seule sœur ou une seule congrégation peut avoir une portée limitée, mais de nombreuses religieuses travaillant ensemble peuvent construire une réponse beaucoup plus forte à l'échelle de toute l'Afrique. »
Pour Sœur Victoria Tito, du Mozambique, ce séminaire représente une occasion d'acquérir des connaissances pratiques qu'elle pourra mettre en œuvre dans son ministère et partager avec son équipe pastorale.
« Participer à ce séminaire m'aidera à acquérir de nouvelles connaissances sur les migrations, les réfugiés et les droits humains, tout en renforçant mes compétences. J'ai l'intention de mettre en pratique ce que j'aurai appris dans mon ministère afin d'améliorer l'accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité et de partager ces connaissances avec mon équipe. J'espère également contribuer à promouvoir la dignité humaine et les droits humains dans ma communauté et dans mon pays. »
Le séminaire est animé par Sœur Carmen Elisa Bandeo, SSpS ; Sœur Kayula Lesa, RSC ; Sœur Lina Siabana, MSOLA ; et Sœur Marie Harika, SDC. Ensemble, elles conduisent des sessions qui intègrent la pratique humanitaire, l'accompagnement pastoral, la santé mentale, la théologie, l'engagement social et la Doctrine sociale de l'Église.
À l'issue de la rencontre, le 17 juillet, les participantes ont quitté Lusaka avec la mission de traduire la formation reçue en collaboration nationale et en une action continentale durable.
Le réseau proposé vise à garantir que le ministère de l'Église auprès des personnes en déplacement soit guidé non seulement par la compassion, mais aussi par la compétence professionnelle, la connaissance du droit, un plaidoyer coordonné et le respect de la dignité humaine.
Pour Sœur Bandeo, la force de cette initiative est parfaitement illustrée par l'image du bambou : une seule sœur ou une seule congrégation peut avoir une portée limitée, mais de nombreuses religieuses, en travaillant ensemble, peuvent construire une réponse plus forte, plus efficace et véritablement transformatrice face aux migrations et aux déplacements forcés à travers toute l'Afrique.
Article de Sœur Helen Kasaka pour Voice Afrique.
Traduit par le Bureau de la communication de l'UISG.
Nouvelles connexes
News
Mercredi 08 Juillet 2026
Lampedusa : une frontière où l'Évangile continue d'atteindre le rivage.
Lire
News
Samedi 27 Juin 2026
Sœur Antonietta explique l'importance de la visite du Pape Léon XIV à Lampedusa
Lire
News
Mardi 23 Juin 2026
L’UISG invitée à Tenerife pour le Symposium « Refugees and Migrants in Our Common Home »
Lire
News
Mardi 16 Juin 2026
JRS: L’avenir de la protection et de l’humanité partagée. Aux côtés des personnes réfugiées, malgré l’adversité
Lire
Projets et commissions connexes
Réseau International de Migrants et Réfugiés
Apprendre plus
Justice, Paix et Integrité de la Création
Apprendre plus