15/02/2026
Information du Vatican
Les religieuses de l’Amazonie œuvrent pour une Eglise autochtone
Les religieuses de l’Amazonie œuvrent pour une Eglise autochtone
Après le chemin parcouru vers le Jubilé de la Vie Consacrée (8–12 octobre 2025), nous souhaitons poursuivre notre marche dans le sillage de l’Espérance, en nous laissant inspirer par de nouveaux témoignages du Sisters Project de Vatican News, que nous publierons chaque semaine sur notre site.
Cette semaine, nous partageons la mission de Sœur Giovanna Llerena Alfaro, Missionnaire Dominicaine du Rosaire, au cœur de la jungle de Cusco, au Pérou, où elle marche aux côtés des communautés indigènes du Bajo Urubamba, promouvant une Église au visage amazonien et une prédication née de la contemplation.
L’Amazonie péruvienne est un vaste territoire caractérisé par une immense biodiversité, des communautés autochtones et un riche patrimoine culturel. C’est un lieu de spiritualité, où la nature et le sacré se mêlent à chaque recoin. Dans ce contexte, la mission de vivre et d’annoncer l’Évangile revêt une valeur spéciale, puisqu’elle exige l’écoute, la contemplation et le respect de la présence de Dieu dans toutes les choses.
Un appel à la charité dans la jungle
Depuis sept ans, sœur Giovanna Llerena Alfaro, missionnaire dominicaine du Saint-Rosaire, a eu la grâce de vivre dans la forêt de Cuzco, au Pérou, dans un environnement privilégié qui lui permet de continuer la mission des premiers missionnaires arrivés sur ces terres: «Je partage cette vocation avec trois sœurs dominicaines du Saint-Rosaire et deux frères dominicains. Nous sommes engagés dans la mission d’accompagner les populations autochtones du bas Urubamba, en promouvant une Église autochtone au visage amazonien grâce à la formation d’agents pastoraux dans les différentes communautés que nous visitons», a-t-elle expliqué.
Dans un esprit de communion, la missionnaire Giovanna a rappelé l’importance de «retirer ses chaussures, car le lieu que nous foulons est sacré», et, a-t-elle ajouté: «Il est important de se débarrasser de ses idées, de ses structures mentales, de ses protagonismes, et de reconnaître que nous sommes dans un lieu sacré, un lieu de rencontres, d’interconnexion, de richesse culturelle et spirituelle: un lieu rempli de Dieu».
La vocation qui naît du cœur
Ce qui pousse sœur Giovanna à consacrer sa vie dans la forêt péruvienne est sa profonde conviction qui naît en elle et dans le charisme de sa congrégation. Elle l’exprime à travers ses paroles: «Je sens que c’est dans mon ADN congrégationnel, ma vocation missionnaire est complétée par le charisme de ma congrégation, qui est l’évangélisation dans les lieux où l’Église a le plus besoin de nous, et actuellement je crois que l’Église a besoin de nous en Amazonie».
Elle rappelle que, quand elle était jeune, il lui était clair qu’elle voulait être missionnaire dans la jungle, et avec cet esprit, en 2017, elle a commencé son service comme obstétricienne dans la ceinture de la jungle de Cuzco, et c’est à partir de ce moment-là que sa congrégation a été présente dans l’Amazonie péruvienne. «En 2018, la recherche s’est concrétisée et la première communauté dominicaine mixte et itinérante s’est formée dans le bas Urubamba».
Amour et service aux communautés autochtones
La mission de sœur Giovanna consiste à marcher avec 26 communautés, appartenant à quatre ethnies: Matsigenka, Asháninka, Kakinte et Nanti. Pour atteindre ces villages, sa communauté et elle naviguent pendant des heures sur des fleuves impétueux, apportant la Parole de Dieu et l’espérance là où le temps semble s’être arrêté.
Dès les premiers missionnaires qui arrivèrent sur ces terres, l’amitié et la proximité avec les habitants furent les piliers de leur travail. Sœur Giovanna et sa communauté continuent la mission de prêcher, formant des agents pastoraux qui bâtissent, pas après pas, une Église autochtone, enracinée dans la culture et les traditions de ces communautés.
Dans les stations missionnaires de Kirigueti et Timpía, gérées par la sœur, se trouvent des résidences pour les étudiants appartenant aux différentes communautés natives. Là-bas, les jeunes finissent leurs études secondaires, une étape fondamentale face au manque de ce niveau d’éducation dans leurs villages. La présence de ces résidences va au-delà de la formation académique; ce sont des espaces de rencontre et de croissance intégrale, où sœur Giovanna et sa communauté œuvrent afin que les jeunes puissent devenir de futurs responsables capables de transformer leurs communautés dans la foi et l’engagement.
Témoins d’un appel silencieux
Depuis sa première visite à Kirigueti, en 2018, la sœur a assisté à un appel silencieux de la communauté, un appel à la présence et à l’accompagnement. Ces dernières années, la communauté a vécu de profonds changements, renforcés par un processus de formation et de construction de la confiance. La sœur a expliqué que, dans leur mission, «les agents pastoraux possèdent plus d’éléments et d’instruments pour défendre leurs droits et leur position face aux entreprises extractives présentes sur le territoire». Les liens d’amitié et de proximité, semés en temps de silence et d’attente, fleurissent aujourd’hui dans une Église autochtone qui se reconnaît comme partie intégrante du territoire et de sa culture.
Article de Sœur Elaine Castro Matheuz, Vatican News
Nouvelles connexes
Information du Vatican
Dimanche 22 Mars 2026
Russie: la mission de compassion des sœurs vincentiennes pour les enfants
Lire
Information du Vatican
Dimanche 08 Mars 2026
Papouasie-Nouvelle-Guinée: les Sœurs franciscaines partagent leur «cœur pastoral»
Lire
Information du Vatican
Dimanche 01 Mars 2026
Kenya, la mission de sœur Juliana auprès de catholiques sourds
Lire
Information du Vatican
Dimanche 22 Février 2026
Thaïlande, la bienveillance dans les villages de Chiang Mai
Lire